Zoom sur… Le Club Pugilistique du Civraisien

Publié le 26 juin 2014 | Actualité / Sport / Une

Nico Renoux

C’est un président, Dominique Raymond Renoux, en plein bilan de saison qui accepte de consacrer quelques minutes à notre rubrique Zoom sur…


« Pour la saison 2013-2014 qui se termine pour nous le 27 Juin, nous avons délivré 75 licences ce qui constitue notre record à ce jour » déclare-t-il avec satisfaction. Et il nous raconte l’histoire de son cher club, pratiquant « le noble art ».
«Le Club Pugilistique du Civraisien (pratique de la Boxe Anglaise) a été créé par Jean-François Blondel le 30 Septembre 1993 (Aliette Blondel et moi-même encore en poste aujourd’hui appartenions à l’équipe fondatrice) » présente Dominique Raymond Renoux, qui se remémore, à notre demande, les grandes dates qui ont marqué le Club « Janvier 1995 : le 7. Première victoire officielle du club à Saintes en boxe éducative (Nicolas Renoux) et le 14 en boxe amateur à Guéret (Laurent Blondel) ;  2002 obtention de deux titres de Champions de France Amateur (Florence Dordé et Guillaume Maury) ; 2004, première organisation d’un Gala de Boxe à Civray (Salle de spectacles actuelle « La Margelle ») ; 2009 Organisation des 32èmes de finales des Championnats de France Amateurs». Souvenirs endeuillés par la perte des pères fondateurs du Club «2006 décès de Jeff Blondel et de Roland Chollet» puis, en  2008, décès du président Jacky Demazeau , en 2012 décès de Paul Buch ».
Heureusement, en 2013,  l’organisation du Gala du vingtième anniversaire du Club en présence de cinq personnalités internationales du monde de la boxe met fin à cette série noire. 2014 marque le passage dans les rangs professionnels de la « locomotive » du club, Mélanie Mercier, qui entre dans l’histoire du sport départemental en devenant la première femme de la Vienne à détenir une licence de boxeuse à ce niveau.

« Boxe verte »
Après avoir été coiffeur à Taizé-Aizie, le président se consacre désormais à l’activité de commentateur sportif, pour la boxe et le cyclisme, ses deux passions. Intarissable donc, il enchaîne « les points forts du CPC sont la convivialité , l’ouverture aux autres , une salle de boxe (espace ring « Robert Charron  » au Gymnase Beauséjour de Civray) et des installations sportives (accès aux gymnase,  au stade  et aux équipements sanitaires ) tout à fait remarquable pour une petite ville de 3000 habitants, d’excellentes relations avec les collectivités locales ».
Les points faibles sont essentiellement constitués par «un nombre d’habitants au km2 réduit par rapport à nos concurrents et le déficit médiatique subit par les agglomérations situées dans un périmètre supérieur à 30 km autour de Poitiers…»
C’est avec les objectifs de continuer à pérenniser le concept de « Boxe Verte » porte-drapeau de la boxe en milieu rural et permettre à des personnes de tous âges (7 à 77 ans …)  et des deux sexes de pratiquer une des offres pugilistiques (éducative, amateur ou de loisir) au cours d’un des  trois entraînements hebdomadaires (lundi , mercredi , vendredi 18h30 – 21h), que l’équipe au grand complet du Club Pugilistique du Civraisien se mobilise.

Nicolas Renoux a découvert le « carré de lumière » à 8 ans
Nicolas (notre photo), 34 ans, heureux papa de la petite Maïwenn, raconte sa découverte du noble art « Avec mon frère Olivier, on boxait dans notre chambre, on avait des gants que mon père nous avait achetés. Dès l’âge de 7 ou 8 ans, il m’emmenait à Poitiers voir les galas, où je découvrais le “carré de lumière”, le fameux ring. Jean-Claude Buch, aujourd’hui entraîneur à Poitiers, a émerveillé mes yeux. Quel magicien, quelle classe ! Un homme grand que je suis fier aujourd’hui de compter parmi mes amis« .
Nicolas pratique la boxe depuis la création du club, en avril 1993. « Au début, on n’avait même pas de salle. Je me rappelle qu’avec mon frère et Laurent, le fils de mon entraineur Jean-François Blondel, on s’entraînait chez celui-ci dans son garage. Il sortait sa voiture, il accrochait un sac, amenait les gants. Et c’était parti pour deux heures intenses. (…) Depuis que mes fesses ont touché le froid du garage de “Jéff”. Je me suis promis que je deviendrai un boxeur, un vrai, alors que tout le monde riait de moi. Car j’étais frêle. J’ai boxé 13 ans au club. Personne n’a jamais fait autant d’années. Je suis le 1er à avoir remporté une victoire pour le club, le 1er à avoir ramené un titre, le 1er à avoir été aux championnats de France. Quelle revanche pour le petit freluquet dont les gens s’amusaient à se moquer. Je pense que si on m’avait respecté d’entrée, je n’aurais pas trouvé la rage de me battre autant, et si longtemps « .
Nicolas à raccroché les gants « Je suis devenu entraîneur par la force des choses. Suite au décès de mon entraineur et mentor, Jean-François Blondel en mai 2006. Je devais le faire, sinon le club s’arrêtait. J’ai passé mes diplômes. Aujourd’hui je suis épanoui dans ce rôle. Je prépare physiquement, psychologiquement, techniquement, tactiquement des athlètes pour l’un des sports les plus durs sur terre. Cela me prend, avec les entrainements, les compétitions, la préparation des séances, le visionnage des futurs adversaires sur vidéo, le téléphone, environ un mi-temps. Beaucoup de temps au détriment de mon foyer. Je remercie ma femme Sylvie pour sa tolérance».
Meilleur et pire souvenir de Nicolas « C’est le jour de mon dernier combat. Louis Krissman, entraineur adjoint à Poitiers, qui a été un immense boxeur m’a glissé avec un oeil et un sourire malicieux, au moment de la pesée, alors que j’allais affronter David Lecor : “T’as jamais rien lâché toi hein ? “  Et il m’a pris dans ses bras.  Ce jour-là aussi, mon entraineur était mourant. A 30 minutes du combat je n’avais toujours personne dans mon coin. Un entraineur de Toulouse s’est gentiment proposé pour me coacher. Ce soir là, je fais l’un des plus beaux rounds de ma vie, alors que je n’étais pas entrainé, face à un grand boxeur. A la minute de repos, je suis perdu, car je n’ai pas mon “Jéff”. Je le cherche des yeux, mais ne le vois pas. Je pars dans le 2ème round en mission khamikaze. Ça passe ou ça casse… Et ça a cassé. Je n’ai aucun regret, sauf celui de ne pas avoir fait ce dernier combat à ses côtés. Car pour lui, près de moi, je l’aurai gagné ce combat. Aujourd’hui David Lecor est professionnel. C’est un boxeur fabuleux, avec lequel je suis devenu ami. Il y a toujours eu un profond respect entre lui et moi »
Parmi les recrues du club, Nicolas sait faire la nuance entre potentiel et champion, pour lui,  nombreux sont ceux qui “flinguent” leur potentiel par fainéantise, l’égo qui se gonfle, mauvais entourage familial et amical. “En réalité, les vraies graines de champions que j’ai eues sous mes ordres, ce sont celles qui avaient moins de potentiel  au départ. (…) Mélanie Mercier fait partie de ceux là. Mais il n’y a pas eu qu’elle. Mathieu Naud en est aussi. Romuald Goujon, et beaucoup d’autres. J’ai un infini respect pour eux« .
En conclusion, l’entraîneur Nicolas Renoux émet le vœu pour son Club que sa santé se rétablisse et que perdure l’esprit de camaraderie qui existe depuis 21 ans au Club Pugilistique Civraisien, désormais connu et réputé dans tout l’hexagone.