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Le Journal du Sud-Vienne

Semaine africaine ou l’éloge de la différence

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Semaine africaine ou l’éloge de la différence

Dans le cadre de « Lire en Vienne » la bibliothèque municipale de Champagné-Saint-Hilaire avait décidé d’organiser une semaine africaine qui a mobilisé de nombreux acteurs dans la commune.

Dans le cadre de « Lire en Vienne » la bibliothèque municipale de Champagné-Saint-Hilaire avait décidé d’organiser une semaine africaine qui a mobilisé de nombreux acteurs dans la commune.

0909

Les enseignants ont travaillé sur le thème de la différence avec les élèves de l’école, les animateurs des activités périscolaires ont proposé aux enfants des activités sur le thème de l’Afrique, la cantinière a préparé un repas africain. Les petites mains de l’association « Le Merveilleux Noël »se sont affairées aussi sur leurs machines à coudre pour fabriquer des sacs et autres objets taillés dans de magnifiques tissus africains très colorés. Enfin la bibliothèque a proposé différentes animations : lecture de contes africains aux enfants de l’école, échanges avec les associations Adega et Amitiés Guinée, (scolarisation, éducation et lecture au Burkina Faso et en Guinée), chorale africaine « Chœur de l’Espérance » en concert samedi soir et surtout samedi a-midi rencontre avec l’auteur sénégalais Jean Dib Ndour, qui est venu présenter ses deux livres : « Itinéraire d’un enfant d’Afrique » et « Soleil voilé ». 

Un métissage culturel

Dés son introduction, Jean Dib Ndour a souhaité mettre en valeur les bénéfices d’une multiculturalité, entre la France et l’Afrique francophone qu’il désigne comme une démarche entre « enracinement et ouverture », malgré une histoire commune parfois tragique. Une première lecture de fables de La Fontaine par 2 jeunes Guinéens, a mis en place le cadre des échanges et de la présentation de son livre qui rend compte de son attrait pour la culture européenne en osmose avec l’enseignement de la tradition par les anciens du village africain afin de devenir un «homme mûr» et « d’être préparé à la vie ». Ses romans sont nourris de son parcours personnel et du chassé croisé entre plusieurs cultures. Il a transmis avec bonheur, au public présent sa vision humoristique de la vie (il fait lui-même allusion « à son humour noir ») ; et avec la lucidité et l’objectivité nécessaires il a traduit sa chance d’avoir pu aller à l’école, d’avoir un père médiateur dans le village, et il a insisté sur le respect dû « à la femme » issu d’une tradition sociétale dans un contexte matriarcal où l’oncle joue un rôle primordial.

Après avoir lu « poème à mon frère blanc », il a vu ses propos émaillés des lectures de poèmes des membres de la bibliothèque ou de « mémoire et cultures », en hommage à Léopold Sedar Senghor, au résistant algérien Abdel Kader, à des poèmes d’amour écrit par des femmes africaines, ou des écrits sur la mort. Un optimisme volontariste se dégage des propos et des livres de cet auteur qui respecte le savoir et l’expérience des anciens « le souffle des ancêtres » mais qui cultive l’espoir : « quelle que soit la durée de la nuit, le soleil finira par se lever ». Belle leçon à retenir contre la xénophobie et pour l’éloge de la différence.

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