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Le Journal du Sud-Vienne

Le « Fil du son » jette l’éponge : la déception de la municipalité

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Le « Fil du son » jette l’éponge : la déception de la municipalité

L’association « la Ch’mise-verte » en a décidé ainsi. Il n’y aura pas d’édition 2014 du festival du Son. Une mesure qui intervient après une année 2013 désastreuse : les intempéries avaient forcé les organisateurs à annuler le festival.

Civray réponse municiaplité à Chemis verte RELU

L’association « la Ch’mise-verte » en a décidé ainsi. Il n’y aura pas d’édition 2014 du festival du Son. Une mesure qui intervient après une année 2013 désastreuse : les intempéries avaient forcé les organisateurs à annuler le festival.

Un concert de « rattrapage » en octobre avait tout juste permis de réduire un peu le déficit financier subit par l’association.
Mais les responsables n’en étaient pas au bout de leur peine. Leur désir de s’installer sur le site habituel de la manifestation a été remis en cause par la cession des lieux à un nouveau propriétaire. Pour « la Ch’mise-verte » cela en était trop. Elle a choisi de jeter l’éponge.
Mais qu’en pense la municipalité de Civray ? Le maire, Jean-Bernard Brunet, a souhaité rétablir certains points de détails. Et faire passer un message d’espoir afin que ce festival puisse renaître sur une forme ou sur une autre en ce Sud-Vienne.
Pour la municipalité il s’agit de réagir « pour préciser la situation telle qu’elle se présente. Car si le festival quitte Civray, ce n’est pas parce que la municipalité n’en veut plus, mais bel et bien parce que l’organisateur (« La Ch’mise verte ») a décidé de partir pour s’installer ailleurs, sans nullement se soucier de tous ceux et toutes celles qui l’avaient soutenu ».

Soutien depuis le début du festival
Pour la mairie de Civray c’est clair : « En tant que collectivité, nous avons soutenu le festival dès le début en 2004. Nous avons cru en ce projet, nous l’avons soutenu tant financièrement, techniquement qu’humainement. Concrètement, l’association reçoit une subvention (4500 €). Du personnel communal des services technique et culturel est mis à disposition la semaine de l’installation. Du matériel est prêté gracieusement : barrières, poubelles, parc technique de la salle de spectacles… De plus la municipalité, en lien avec le SIMER, intervient dans la gestion des déchets générés par l’évènement. Sans compter que depuis quelques années, la mairie met à disposition de l’association un local (dans l’ancienne école primaire à côté du collège) pour entreposer son matériel. Pour l’édition 2013, cette aide est valorisée à plus de 16 000 euros, ce qui n’est pas anodin ».
Quant aux moments difficiles Jean-Bernard Brunet précise : « Deux années durant, il a été déficitaire. Nous avons alors réuni les partenaires publics (Communauté de communes, Syndicat Mixte du pays Civraisien, Conseil Général) pour trouver une solution et permettre au festival de perdurer. Chacun a apporté une aide exceptionnelle. Le déficit d’alors (14 000 euros) n’avait rien à voir avec le déficit actuel de l‘organisateur ».

Des responsabilités à rechercher
À l’heure actuelle, le déficit de l’association « La Ch’mise verte » serait de l’ordre de 90 000 euros. L’association attend la certification d’un expert-comptable pour avoir un chiffre plus précis.
« Il faut savoir, indique la municipalité, que ce déficit n’est pas seulement dû aux intempéries qui ont frappé le festival en 2013 ». Et de préciser : « Une partie (20 000 euros) provient d’un prêt accordé par l’association à l’organisation du Festival Rock’Adel (le président de la Ch’mise Verte étant alors le programmateur de Rock’Adel). Le Festival Rock’Adel a perdu 350.000 euros, et n’a pu rembourser l’intégralité des sommes à l’association « La Ch’mise verte ». Nous tenons à préciser que ce prêt était illégal d’un point de vue juridique, et qu’il s’est fait sans concertation ».
Quant à l’édition 2013 gâchée par les intempéries, la municipalité pointe certaines responsabilités : « L’autre partie du déficit, la plus importante, provient de l’édition 2013. Bien évidemment, nous ne pouvons que déplorer le fait que les intempéries aient gâché la fête. Nous avons été aux côtés des organisateurs le soir même, pour répondre à l’urgence. Et nous sommes heureux qu’il n’y ait pas eu de victime. Toutefois nous ne pouvons éviter de pointer les responsabilités d’un point de vue financier. L’organisation du festival n’avait pas souscrit d’assurance dite « annulation/intempéries/perte financière » alors que son budget atteignait les 400 000 euros (l’assurance représente un coût de 5 000 à 10 000 euros). Avec une telle assurance, à l’heure actuelle, l’avenir financier du festival ne serait pas menacé.
Nous l’avions plusieurs fois alertée sur ce risque. Dans le bilan qu’elle a rendu à l’ensemble des collectivités, aucune assurance ne figure dans la case « dépenses ».

Civray toujours prête à accueillir le festival 2014
Selon le maire de Civray deux rencontres ont eu lieu avec l’association, l’une le 25 novembre, en présence de Jean-Olivier Geoffroy, président de la Communauté de Communes et Conseiller Général), l’autre le 20 décembre.
Il en serait ressorti que « malgré la vente de la maison ayant servi de « base » au festival, ce dernier pouvait avoir malgré tout lieu sur le même espace pour 2014. Le propriétaire était prêt à laisser à disposition le parc. Cette nouvelle donne avait pour effet, selon M. Renaudon président de « la Ch’mise verte », une réorganisation du site et une jauge limitée à 6 000 entrées payantes par soirée, soit 12 000 entrées. C’est le seuil maximum qu’a pu atteindre à ce jour le festival. Il nous semble donc tout à fait possible que l’aventure continue sur le sol civraisien. Malgré tout, la municipalité avait envisagé la possibilité d’un nouveau lieu d’implantation. L’organisateur tenant absolument à garder le cadre enchanteur situé derrière l’église, il était dès lors impossible de trouver une solution pérenne ».
Concernant la vente de la maison évoquée ci-dessus, l’association a fait une proposition de projets afin que la ville exerce son droit de préemption au profit de l’association (lire nos éditions du Journal de Civray et du Sud-Vienne à ce sujet). Pour la mairie ce n’était pas viable : « Bar associatif qui s’autofinance, hôtel associatif qui s’autofinance, scène des musiques actuelles, etc., le projet n’avait aucune projection financière. Le conseil municipal a décidé qu’il ne tenait pas la route, et n’a donc pas exercé son droit au profit de ce projet. De la bouche même de M. Renaudon, le projet a été écrit à la va-vite, l’association ayant été prise de court par l’annonce de la vente. La remise en cause de ce projet précis (consultable par qui le demande) par la commune n’est pas la remise en cause du festival ».

Si le festival quitte Civray, c’est parce que l’organisateur l’a décidé
Aujourd’hui la municipalité regrette la décision de l’association : « Il va de soi que cette décision de l’association  ne peut que nous attrister. L’évènement est un bel évènement, et nous croyons en sa pérennité dans la mesure où il est bien géré.
Il avait su mobiliser autour de lui des associations locales, les collectivités (un conventionnement a été signé avec la communauté de Communes), attirer un public fidèle. Les collectivités locales étudiaient les demandes d’aides pour combler une partie du déficit, car, même si elles ne peuvent que dénoncer les erreurs de gestion de l’organisation, elles souhaitaient malgré tout l’accompagner dans son projet ». Et de poursuivre : « Même si nous avons le sentiment d’une trahison à l’égard de toutes les personnes et les entreprises du Civraisien qui ont accompagné et soutenu le festival, l’organisateur garde tout à fait le droit de partir d’un lieu et de s’installer là où il le souhaite. Nous pouvons regretter le peu d’élégance de tout cela, des contacts ayant été pris par l’organisation avec d’autres collectivités pour partir alors que nous étudiions les aides et solutions possibles.
Mais d’un point de vue local, nous ne pouvons laisser un « vide ». Nous ne pouvons pas que constater le départ du festival et ne rien faire. Nous étudions d’ores et déjà des pistes pour garder un moment festif sur Civray et le Civraisien, avec une autre organisation que celle de « la Ch’mise verte ». Certes le projet sera différent, forcément différent, mais il existera. Même si pour cette année, au regard des délais, cela risque d’être difficile, pour 2015, les rues de la ville résonneront à nouveau ».

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