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Le Journal du Sud-Vienne

Comice Agricole : la belle vitrine d’un monde agricole inquiet pour l’avenir

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Comice Agricole : la belle vitrine d’un monde agricole inquiet pour l’avenir

Une grande ferme sur le terrain des Elbes : des matériels, des démonstrations, des concours, des jeux, des animaux : voici le programme d’une journée du Comice 2014 qui a été sans aucun doute une réussite.

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Une grande ferme sur le terrain des Elbes : des matériels, des démonstrations, des concours, des jeux, des animaux : voici le programme d’une journée du Comice 2014 qui a été sans aucun doute une réussite.

Les années se suivent et ne se ressemblent pas ! Pluies diluviennes en 2013, soleil et ciel bleu avec un peu de poussière au sol, toute la grande journée du 13 septembre 2014 sur la zone des Elbes et sur le terrain de la famille Rougier. C’était le jour du Comice ! L’inauguration a eu lieu en toute simplicité.
Odet Triquet, le président du Comice, accueillait les sénateurs Raffarin et Fouché, les représentants de la Région, les conseillers généraux et des élus municipaux pour une visite des élevages présents. Premier tour d’horizon, à 10 heures le matin avec déjà énormément de monde et 70 des exposants qui sont venus avec beaucoup de matériels et d’animaux. Les quelques hectares mis à disposition ne manquaient pas d’activités. Le public grouillait déjà avant midi.

Une ferme en vitrine
Parmi les élevages de chevaux et de baudets celui de Bernard Courtois représentant la race du cheval poitevin : mâle d’un an, poulinière suitée, des animaux à la robe grise, qui ont du crin, puissants, avec une forte charpente aux os solides. Ces chevaux auraient une souche en provenance de Hollande. Croisés, ils auraient été utilisés vers 1700 pour l’assèchement du Marais poitevin. Guy Moynard est un passionné. Il a eu sa première jument en 1963 ! « 50 ans que je fais ça ! ». Son élevage se compose de 10 juments : il a remporté un prix au concours général de Paris en 2014, avec Boussay-du-Bouil. Jean-Claude Mamin, quant a lui, n’a qu’un animal. Un cheval avec comme des traits de crayon noir sur sa robe couleur terre : aux articulations des pattes, sur la colonne vertébrale. C’est un animal d’une grande beauté, presque sorti des ateliers d’un grand couturier et son propriétaire en est très fier.   Bien sûr, veaux, vaches, poules et chèvres étaient présents. Avec à la clef un concours de Limousines et des baudets du Poitou en démonstration.

Petits et gros engins de mécanisation
Place aux gros engins à pétrole ! 90 ans d’expérience à la maison Bousset : de père en fils, on se transmet la fibre du matériel agricole. Toute une gamme, de la plus petite machine à la plus importante. Des engins possédant les plus grandes technologies du moment. Parmi les gros cubes, Odet Triquet avait réservé la surprise avec un monstre de tracteur, équipé de deux moteurs de Spitfire ! Soit 2 fois 4 000 chevaux ! Les deux moteurs sont nourris au méthanol, il faut environ 20 litres au démarrage et
50 litres durant les 100 premiers mètres pour lancer l’engin. Ce tracteur de force n’est pas utilisé dans les champs mais pour des démonstrations dans les pays d’Europe. Le propriétaire est originaire de Saint-Jean-d’Angély et il est affilié à la Fédération Tracteur Pulling. De nombreux représentants de matériels agricoles et de transport d’animaux étaient présents comme le carrossier Vincelot et Roy.

Technologies nouvelles
On ne pouvait passer outre la méthanisation avec quelques constructeurs de ces usines qui transforment les déchets d’animaux en électricité. On connait l’exemple de Linazay près de nous. Mais de nouvelles usines voient le jour de moins grandes capacités ; la dernière est à Sèvres-Anxaumont pour un élevage de 200 truies et 5 000 porcs à l’année.
Parmi les animations, on a noté durant ce Comice des chevaux montés façon far West par des cavaliers brillants. On était comme au Texas avec des cavaliers du Longhorn Ranch de Surin. Il y eut aussi le concours de labours et de déchaumage. En prime dans un nuage de poussière, les spectateurs ont eu droit aux habituelles courses de tracteurs-tondeuses transformées en bolides sur un circuit.

« Chapeau les Civraisiens »
Lors de l’inauguration, parmi les déclarations des hommes politiques réunis, on a noté une certaine inquiétude dans le monde agricole : une année de récolte tout à fait moyenne avec des prix assez bas et la viande qui connaît des soucis car la vente au kilo est insuffisante. Les professionnels se plaignent également de démarches administratives trop pesantes et de trop de contraintes.
Odet Triquet a mis en avant l’exemple que représente ce Comice : « C’est la rentrée du monde agricole, ici nous subsistons, mais le Comice vit, nous avons besoin de porter le monde agricole et d’être représentés ». Jean-Marie Peigné, maire de St Pierre d’Exideuil, a souligné : « des bonnes volontés font de bonnes choses en Sud-Vienne, nous savons gérer nos affaires ».
Dominique Marchand, président de la Chambre d’agriculture, s’est élevé fermement sur la part de temps trop importante consacrée à l’administration : « 40% de plus de travail, alors que l’on parle de simplification ! ».
Jean-Olivier Geoffroy, conseiller général, s’est félicité de cette 34e édition : « le dernier Comice agricole du genre sur le département de la Vienne. Il faut recréer des richesses, trouver des équilibres ». Georges Stupar, conseiller régional, a insisté : « il ne faut pas être pessimiste à ce point, c’est un peu la fête, l’agriculture c’est l’espoir. Elle a eu des crises depuis 10 000 ans, l’agriculture a bien vécu, on ne produit pas comme il y a 100 ans ou 50 ans, on a eu une période de quantité, maintenant nous demandons de la qualité en préservant la biodiversité ».
Alain Fouché, sénateur, assure défendre la ruralité, « nous voulons un équilibre entre la métropole et la ruralité avec des territoires forts où il y a des services ». Jean-Pierre Raffarin, sénateur, conclura par « on ne veut pas pleurnicher, mais faire une pause, car ça va chahuter dans le manche ! On a besoin des agriculteurs, la ruralité c’est 15 millions de Français ! La ruralité est un élément technique de notre société. Il faut un équilibre : un Poitiers fort, mais qui ne prend pas tout ! Moins on a de pouvoir, plus on a de contrôle. Le Civraisien a une attractivité, on a du dynamisme ici, pas de désertification, on doit semer nous-mêmes ! Chapeau les Civraisiens ! ».

 

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